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Quelques références pédagogiques

" Dans la vie, chacun suit son chemin. Tout être est unique et irremplaçable mais chacun fait partie intégrante du tout et la façon dont il suit son chemin concerne l'ensemble de l'humanité (....) "
" Sauf atteinte organique sévère, un enfant ne naît pas arriéré mais le devient et s'il le devient, c'est en partie à cause de nous. Priorité est donc donnée à l'éducation de l'intelligence (….). Cela exige de nous une compétence, certes, mais aussi l'abolition de coupure entre normal et pathologique et la recherche chez l'enfant non pas tant de ses troubles mais de ses potentialités. L'intelligence, dépendant d'un cerveau en voie de maturation et sur lequel on peut agir, serait la clé de voûte de l'ensemble
".

Professeur Didier-Jacques Duche
Membre de l'Académie de Médecine


" A l'heure actuelle, on a que trop tendance à considérer qu'il y a d'une part des enfants normaux et de l'autre des handicapés mentaux. La première honnêteté professionnelle nous oblige dès lors à considérer que le handicap de l'enfant ne peut plus être tenu pour responsable fatal et unique d'un état d'arriération mentale (….) Faire ses preuves est l'une des plus lourdes injustices qui pèse sur la vie de certains enfants handicapés : les trisomiques en particulier. Ceci nous paraît non seulement grave mais en totale mésintelligence de la nature de l'enfant.
En conséquence, nous ne pouvons plus considérer l'enfant handicapé en fonction de ses seuls troubles et déficits mais en fonction de ses potentialités conservées ; autrement dit, il faut inscrire notre pédagogie dans la dynamique de l'enfant normal (….)
Un enfant est par définition un être inachevé ; il peut de plus présenter des fragilités, des handicaps… mais quoi qu'il en soit, son avenir est entre nos mains et nous restons fondamentalement responsables de ce devenir, que nous devons assumer sans le moindre à priori
"

Eliane Chaulet
Manuel de pédagogie spécialisée


" On est en droit de s'étonner que nous insisterons sur l'éducation de l'intelligence, pour l'ensemble de ces enfants, quelle que soit la forme de leur handicap. Mais l'expérience nous a amené à constater que l'intelligence était la première touchée dans presque tous les cas de handicaps ; lorsque l'on connaît le syncrétisme dans lequel elle prend forme chez le jeune enfant, il nous apparut urgent de la soustraire à tout risque de " contamination " en lui donnant le plus de moyens possibles pour se développer.
De plus l'intelligence a une chance unique : celle d'être dépendante d'un organe bien précis : le cerveau, que nous savons non achevé, sensible aux stimulations, porteur de ressources infinies et sur lequel nous avons quelques moyens, modestes certes, mais efficaces de pouvoir agir.
Enfin, travailler sur l'intelligence (….) de l'enfant handicapé n'est en rien réducteur. Cela nous oblige bien au contraire à prendre en compte l'ensemble de sa personnalité : il ne peut y avoir d'éducation de l'intelligence si on la coupe du développement affectif, relationnel, social etc…
La seule chose que nous essaierons de faire est de la dissocier du pathologique, de ne plus l'en rendre dépendante, ce qui est presque toujours le cas. Il s'agit de la libérer de sa situation de captive.
En outre, l'intelligence est le propre de l'homme, en conséquence elle nous paraît digne de tous nos efforts pour essayer de la sauver, à défaut et - peut-être à cause - de ne pouvoir en comprendre toute la complexité. (….) Je crois fermement, pour l'avoir beaucoup expérimenté que chez l'enfant handicapé les troubles du comportement ne prennent que la place laissée vacante : la place que l'intelligence n'a pas occupée dans le temps voulu et selon les spécificités et le mode que l'âge de l'enfant exigeait.
Il y a plus : le fait que l'intelligence ne soit pas définitivement constituée, qu'elle soit syncrétique ou parcellaire …. ou encore mieux morcelée, nous permet d'avoir prise sur elle. Si l'intelligence est atteinte (….) , elle ne l'est jamais dans la totalité ; il y a toujours des îlots qui restent intacts et accessibles à l'action pédagogique. En fait, nous aurions tendance à croire que si des fonctions mentales peuvent effectivement êtres atteintes, ce qu'il est convenu d'appeler l'intelligence, elle est moins gravement atteinte qu'empêchée.
Le pédagogue doit prendre en main l'ensemble de ces fonctions mentales - ces potentiels, ces îlots de l'intelligence et les développer pour en faire une force vive, saine et constructive.(….)
Enfin, nos sociétés modernes dites évoluées ne permettent plus qu'on puisse y vivre sans un minimum de moyens intellectuels : le temps de " l'idiot du village " est révolu. Ne pas savoir parler un peu intelligiblement, ne pas savoir lire, ne pas savoir compter…, c'est se mettre au ban de la société et ne faire que renforcer son handicap et transformer celui-ci en inadaptation dramatique.
Plus l'être humain a pu atteindre un niveau de développement mental élevé, plus il est en mesure de progresser tout au long de sa vie d'adulte, plus il reste capable d'apprendre des choses nouvelles bien que faciles, plus il peut prétendre à une vie digne, heureuse, épanouie, en harmonie avec un cadre social normal
".

Eliane Chaulet
Manuel de pédagogie spécialisée

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